Anxiété : Vices et Vertus

Vous êtes du genre à ruminer une bonne partie de la nuit sur le pourquoi du comment de votre journée passée ?
Vous listez et listez à nouveau les points à évoquer lors de votre prochaine réunion ?
Vous êtes mal à l’aise en avion ? Métro ? Ascenseur ? Lieu clos ?
Vous êtes au bord de l’implosion quand vous êtes pris dans un embouteillage ?
Le moindre évènement à préparer devient une catastrophe potentielle ?…

Si vous répondez oui à une au moins de ces questions, c’est que cet article vous intéresse.

Vous, certainement vos proches, et voire une bonne partie du genre humain : en effet, si vous êtes vivant, intelligent, sensible et vulnérable, alors vous êtes anxieux.

Qu’est-ce que l’anxiété ?

Lanxiété est un état du stress, qui nous permet d’être plus vigilant, attentif, dans notre quotidien ; cet état attire notre attention sur des dangers réels, quand il y a un enjeu ou un risque potentiel :
je dois passer un entretien d’embauche, l’anxiété va me permettre de le préparer, en essayant d’anticiper les besoins de mon interlocuteur
j’ai un examen d’ici un mois, l’anxiété me fait réfléchir à une organisation proposant un temps d’études, un temps de relaxation, afin d’être au top le moment venu.

Le soucis, l’inquiétude sont des stresseurs nous permettant de mieux nous préparer face à une situation:

– « trop peu », nous pouvons nous mettre en danger
– « trop trop » peut nous paralyser et nous épuiser.

Tout n’est qu’une question de dosage, bien qu’il n’y ait pas de frontière nette entre l’anxiété normale et l’anxiété maladive : où finit l’inconfort, et où commence le handicape ? Car, si les craintes des anxieux sont parfois imaginaires, leurs souffrances ne le sont jamais.

Là où se pose la question, c’est quand l’anxiété n’est plus réactionnelle mais devient un trait de personnalité :

– l’anticipation est constante : « et ensuite ? qu’est-ce qu’il va se passer ? »
le pire devient probable ou plausible : «  et si cela tournait mal ? »
les précautions deviennent primordiales : «  mieux vaut penser à tout, on ne sait jamais ».

En fait, le moindre évènement devient une affaire très compliquée :

Un pique nique familial doit avoir lieu ce dimanche. L’anxieux va certainement se poser ce type de question :  « Bon, qui aime quoi ? Je pensais réaliser ce plat, mais peut être que pour certains, le gluten n’est pas bon? ah oui, lui, ne mange pas de viande….et à quelle heure devrons nous partir ? Pour aller où déjà ? Alors, il faut penser à l’antimoustique, nous sommes près d’un cour d’eau…et la météo ? Il est prévu quoi ? Bon, je vais préparer les cirés et les bottes, ainsi que le parasol….on ne sait jamais. …. » et les questions vont défilées, de plus en plus importantes, envahissantes au fur et à mesure que la date arrive….jusqu’à ce que l’entourage craque et annonce vouloir manger à la maison, comme d’habitude…

Pour l’anxieux, l’environnement est rempli de dangers, et lui et ses proches sont très vulnérables :

un accroc de la vie va être généreusement amplifié :
la mauvaise note de Jacques, je suis sûr qu’il va finir chômeur…à vie en plus…ou pire, délinquant !

les évènements incontrôlables et imprévisibles :
De nouveaux collaborateurs viennent d’intégrer l’entreprise…aurais je toujours mon travail dans 5 ans ?

tout ce qui est flou et incertain
Aïe, je n’ai pas pu décrocher à temps ! Et si c’était mamie qui était malade ?

Pour se prémunir, l’anxieux va mettre en place un luxe de précautions et de vigilance : le but est d’avoir le moins d’ennuis possible….et surtout d’être performant.
Et dans la sphère du travail, cette personne vaut de l’or !! toujours présente, à l’heure, voire même en avance, réfléchissant aux potentielles difficultés à venir, vérifiant, mettant en place des stratégies pour aplanir les possibles contraintes, contrôlant, voire faire le travail à la place de …

Le revers de la médaille est que ses efforts constants d’adaptation à un environnement possible le mettent toujours sous tension et implique des problèmes de qualité de vie, pour lui, mais souvent aussi pour son entourage :
l’anticipation (vivre dans le futur) ou la rumination (vivre dans le passé) l’empêche de vivre l’instant présent, et de profiter de ce qui va bien : il se prive des nombreux moments de bonheur.

Mais d’où vient cette anxiété ?

Les causes sont multiples ; et plus elles s’associent, et plus l’anxiété sera intense :

l’évolution :
le mécanisme de la sélection naturelle aurait favorisé le développement de l’anxiété ; à défaut, la survivance et la descendance se sont vues limitées.

l’éducation :
si les parents sont anxieux, il y a de très forte chance que l’enfant intègre que l’anticipation des problèmes par le soucis est une solution

la société : et notamment avec les journaux télévisés, mais je n’en dirais pas plus !

La conscience d’être mortel : qui est LA grande question…

Mais alors, quelle est la solution ?

Chance, il n’y en a pas qu’une mais plusieurs !

Tout d’abord : se relaxer !!
l’anxiété est souvent associée à des tensions musculaires généralisées, souvent inconscientes : douleurs dans la nuque, le dos, la mâchoire, les céphalées dites de tension etc.

Je vous invite alors à découvrir :
la réflexologie,
qui permet à notre organisme de réguler et diminuer les tensions psychologiques,


le massage récupération musculaire,

qui permet de réguler et diminuer les tensions musculaires, et par la même libérer le cerveau.

(oui, oh, hé, hein, on peut placer son activité non ? Surtout, si elle fonctionne ! Y a pas de mal à se faire du bien!)

Vous pouvez aussi réaliser quelques minutes de relaxation par jour :

en récupération, en vous allongeant 10 mn au minimum chaque soir, les bras et les jambes détendus, au sol ; inspirez et expirez lentement en gonflant le ventre
en prévention, en pratiquant cette technique où que vous soyez, à n’importe quel moment de la journée : laissez tomber vos bras, relâchez la mâchoire, les muscles des épaules, respirez calmement pendant quelques minutes en gonflant le ventre à l’inspire.

Posez vous ces 3 questions, afin de ne pas laisser l’anxiété vous gagner :

– est-ce sûr ?
Très importante si vous vous dites « ca ne va pas marcher », « on va me dire non », bref, si vous faites les réponses à vos questions. Prenez le temps de vérifier que votre discours intérieur est juste et clair.

– est-ce grave ?
« si je rate cet examen, ma vie est elle fichue ? Ou bien est ce seulement l’examen ? »
« si je suis en retard à ce rendez-vous, est ce un ennui ou une catastrophe ? »
Relativisez !

– que puis je faire d’utile ou d’adapté ?
« se relaxer pour freiner la montée de l’angoisse »
« réfléchir à des solutions adaptées »
« accepter qu’il n’y ait rien à faire » (l’hyperactivité est une forme de lutte contre l’anxiété)
vous endiguez la domination de l’anxiété.

Pensez aussi à vous faire aider par un professionnel si votre anxiété vous donne des soucis incontrôlables !

Rappelez vous que l’anxiété a le premier rôle pour attirer notre attention sur un éventuel problème.
Ensuite, elle ne sert plus à rien, si ce n’est à nous empêcher d’agir et de vivre agréablement.

Prenez soin de vous !

Quelques lectures possibles :
Christophe André : Psychologie de la peur -craintes, angoisses et phobies – Odile Jacob
Christophe André : La peur des autres – trac, timidité et phobie sociale – Odie Jacob
Karine Danan : 50 exercices pour vaincre l’anxiété – Editions Eyrolles
Geneviève Pelletier : Les peurs et l’anxiété chez l’enfant – Broquet


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